Sept jours en juillet

Photo « Tango Mocha » d'André Tremblay
Photo « Tango Mocha »       André Tremblay

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici un extrait de mon nouveau recueil de poésie, Turbulences.

Vendredi


Un pas de danse, un regard
Un pas vers l’autre, des regards qui s’ouvrent
Un tour de hanche, un pas de deux
Une pause langoureuse
Un défi au torse, un sourire érotique aux lèvres
Un pas de plus
Renversez-le ! Pourquoi pas ?
Il vous renverserait
Les yeux dans les yeux
En corps à corps
Vos sexes s’effleurent
Dans
Le Tango du Mont-Royal.

 

 

Survivre au suicide

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Rodin, Grands Ballets canadiens, 2011

Mon grand frère, m’a fortement recommandé d’aller voir le film Saving Mr. Banks, un film qui fut mis en marché en 2013 par le Studio Disney comme un Making Of de Mary Poppins (1964) de Walt Disney lui-même.

Voir Tom Hanks interpréter Walt Disney fut pour moi un voyage dans le temps, un véritable déjà-vu nostalgique. Que de soirées du dimanche que nous avons vécus en famille à regarder The Wonderful World  of Walt Disney, The Ed Sullivan show et pour finir Bonanza. Mon père, un homme pratique, avait installé la télévision sur une tablette près du plafond, loin de toutes nos petites mains. Assis en Indiens par terre, entassés sur le canapé carreauté vert et noir ou encore dans les berceuses de bois de grand-maman que notre mère avait recouverte de cuirette verte nous regardions religieusement, dans notre ciel télévisuel, les images animées de Topo Gigio, de Little Joe, de Tinker Bell et même, parfois, de notre personnage préféré, Walt Disney lui-même.

Plus que les bandes annonces, plus que la recommandation de mon frère, ce sont les images de l’interprétation de Tom Hanks que l’on voyait tout dernièrement à la télévision qui m’ont convaincu de me payer une place dans la première rangée du cinéma, comme si j’avais encore huit ans. À l’époque, maman, plus souvent que jamais, refusait de nous payer des billets de cinéma, car nous étions huit. Le seul argument que nous pouvions invoquer avec succès était « Mais c’est un Walt Disney Maman! » Elle décidait alors de se payer une après-midi de repos en envoyant toute sa tralée, les petits sous la garde des grands, à la matinée du cinéma Odéon.

J’ai bien apprécié ce nouveau film si ce n’est que pour tous les souvenirs qu’il m’a rappelés à la mémoire. Mais ce n’est qu’à la toute fin de la présentation que j’ai compris pourquoi mon ainé me l’avait si fortement recommandée. Le film original, Mary Poppins, est l’histoire de la famille de Mary Travers (Emma Thompson) dont le père était un grand rêveur et un alcoolique invétéré. Elle a donc vécu une enfance difficile, ponctuée des jeux fantaisistes que son père organisait et qui étaient tous, immanquablement, suivis d’une descente aux enfers en règle. Selon les scènes de retour arrière du film, ce serait la petite Mary Travers qui aurait donné à son père son dernier flacon de poison. Dans le film de cette année, le défi de Hanks-Disney est de convaincre Thompson-Travers de lui céder ses droits pour qu’il puisse tourner un film au sujet de Mary Poppins. À la fin du film, Disney découvre le secret de Mary Travers et c’est ainsi qu’il réussit à la convaincre de poursuivre son envolée originale qui avait comme leitmotive de réhabiliter son père en créant un monde imaginaire dans lequel elle pourrait sauver papa Banks. Un exercice de sublimation cinématographique, car en effaçant les tares de papa pour mieux mettre en valeur ses qualités elle le réhabilitait dans son imaginaire et sur la place publique.

Il est particulièrement difficile pour un père d’accepter le suicide de son fils, cela est d’autant plus pénible quand il vient tout juste de publier un roman qui est essentiellement un exutoire pour oublier le suicide de son meilleur ami. En survivant au suicide d’un proche, on est nécessairement déchiré entre nos sentiments, entre la révolte et la pitié, entre le rejet et l’acceptation, entre l’antipathie et l’empathie, entre la haine et l’amour… et puis on est submergé dans culpabilité de ressentir en rafales tous ses sentiments.

Le métro est un endroit idéal pour réfléchir, car on doit nécessairement se replier sur soi-même de peur de vivre en public ce qui nous préoccupe. En rentrant à la maison, quelque part entre Atwater et Honoré-Beaugrand, j’ai compris ce que mon frère cherchait à me dire. J’ai compris que je devais tenter de redécouvrir à travers des œuvres d’André qui mon fils était. Que je devais revisiter ses œuvres qui témoignent de sa présence sur terre, de la passion qu’il a vécue, même si parfois ses sentiments étaient pénibles comme ceux que je ressens aujourd’hui et parfois sublimes comme cette photo qui me rappelle que la création passe par la sublimation.

Résolutions et souhaits

Image

Pour Joël et Michael les parents de Lola, la petite dernière de notre famille

  • Parfois
  • Il est nécessaire de
  • Prendre quelques instants
  • Pour se prélasser dans
  • Un regard nostalgique
  • Pour se rappeler le temps d’antan,
  • De l’avant cela, de l’avant ceci
  • Pour se donner la volonté
  • De vivre l’invivable
  • D’accepter l’impensable
  • De se donner le courage
  • D’accomplir ce qui s’impose
  • Pas nécessairement ce que nous voulions
  • Mais plutôt de ce qui était attendu de nous
  • Même s’il n’y a que la satisfaction d’avoir fait
  • Ce qui se devait
  • Prenons la ferme résolution de continuer
  • Si ce n’est que
  • Pour revivre le vif souvenir d’un sourire d’enfant
  • Pour revoir son regard reconnaissant
  • Pour entendre ses mots chaleureux
  • Pour recevoir ses mots d’amour
  • Pour prendre sa petite main tendue en toute confiance
  • Pour sentir sa reconnaissance
  • D’avoir donné un oui généreux plutôt qu’un non-grincheux.
  • Même s’il n’y a que la satisfaction d’avoir fait
  • Ce qui se devait
  • Prenons la ferme résolution de tout recommencer
  • C’est ainsi que je me permets de vous souhaiter
  • Que vous vous rappeliez
  • Tout ceci, tout cela et tout ce qui sera
  • Avant la fin de l’année qui commence.

Une chambre à soi

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Me voilà à nouveau dans mon cabinet pour l’hiver, le printemps et même l’été. Un mini congé sabbatique tant du point de la durée de mon congé que du salaire qu’on m’a accordé : à peine de quoi faire les frais du strict nécessaire. Mais enfin, je me compte chanceux de pouvoir me consacrer à l’écriture pendant les neuf prochains mois.

Tout cela me rappelle le merveilleux livre, A room of one’s own, dans lequel Virginia Wolfe parle des difficultés des femmes (1929, et 1951 pour l’édition française) à se payer une chambre à soi et du temps pour écrire. On lui avait demandé de parler des romancières anglaises du 19e siècle et elle leur a parlé de l’iniquité entre les hommes et les femmes qui « écrivent »!

Pour émuler une femme qui a plusieurs chambres pour écrire, je vous dirai que 2013 fut pour moi une annus horribilis. Tout dernièrement, j’ai lu une critique d’un livre qui s’intitulait Depuis que tu es mort, ou bien quelque comme cela. Depuis, ce titre me trotte dans la tête comme une chanson que l’on aurait aimée dans un passé lointain, et qui nous hante depuis l’avoir entendue à la radio du réveil matin.

Depuis que mon fils est mort, voilà la version de cette « tune » qui tourne et tourne sur la platine de mon âme. Chaque fois qu’elle remonte à la surface de ma conscience, je suis étonné de réaliser que mon premier réflexe est encore de nier le tout. Et en homme sage (?), je me raisonne, puis je pleure discrètement… silencieusement, et ma tristesse se résorbe jusqu’à la prochaine écoute.

Mes amis, me voilà dans ma chambre après trois mois à la faculté,  là où l’enfer, c’est définitivement les autres.

Des pourboires et des trains

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En arrivant à la gare, moyennant un pourboire, vous pourrez vous prévaloir du service des caquette rouge, redcaps, qui prendront en charge vos valises et les livreront à votre chambre.

Le service est inclus dans les voyages transcontinentaux, mais il est de mise de donner des pourboires aux personnes qui servent la boisson vendue dans la salle à manger et  dans les salons d’activités.

De plus, il est coutumier de laisser un pourboire aux personnes qui entretiennent les chambres. Il y a un préposé par wagon et un changement de garde à Winnipeg, donc il faut prévoir un pourboire à l’arrêt de Winnipeg et ensuite un autre à Vancouver.

On m’a reproché de ne pas être assez discret, car j’ai osé offrir un pourboire directement à la personne. Il faut plutôt mettre le billet  dans le fond de sa paume et saluer le préposé en lui donnant la main, ce qui lui permet de refermer sa paume discrètement sur le billet à la fin de la poignée de main.

Vos mots de condoléances

Merci, merci d’avoir compati avec nous à l’occasion de la mort de mon fils André.

On ne sait jamais, en se levant le matin, ce que la journée nous réserve. Le bonheur? Ou encore une très grande tristesse. En fait, on ne sait pas ce qui nous attend au prochain tournant de notre parcours.

Le 15 février, j’ai dû appeler l’urgence, car mon fils ne répondait plus à l’appel. J’ai attendu trois heures que le téléphone sonne, et ce sont deux policières qui sont venues m’annoncer son décès. Au-delà du désespoir, au-delà de cette tristesse innommable, c’est la compassion des deux agents dont je me souviens. Et par la suite, de vos courriels de condoléances, de vos appels, de vos cartes de souhaits, de la tristesse qui vous voilait les yeux, de vos visites et de nos embrassades aux funérailles.

Je vous en remercie, vous ne pouvez savoir à quel point vos gestes et mots de condoléances nous ont soutenus dans cette épreuve.

Au nom de Margot, sa mère, de tous ses cousins et cousines, de ses oncles et de ses tantes, de ses amis, de ses amies, in the name of all  his friends et au nom d’Annik, je vous remercie de tout cœur.

Assurément, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve, certes, mais puisque nous n’en avons qu’une seule on se doit de la chérir et de la vivre pleinement.

Papa Gaston

Des photos d’André

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Voici une partie du site professionnel que préparait André Tremblay pour son studio.

Here is a part of the photos André Tremblay wanted to publish on his new STUDIO WEBSITE.

https://www.facebook.com/pages/Andr%C3%A9-Tremblay-Photographe/179065688829084

Sur le site CLIQUEZ SUR PHOTOS
On the site CLICK ON PHOTOS

La photo de l’envol d’André est de Jacques Nadeau.

Avis de décès

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À Montréal, le 15 février 2013, à l’âge de 42 ans, est décédé après 20 ans de vie artistique André Gérard Antoine Tremblay. Né à Sudbury, il fit ses études collégiales au cégep du Vieux-Montréal en Art plastique et en Photographie. Il travailla comme photographe à La Presse pour une dizaine d’années et par la suite à son propre compte. À ses heures, il aimait jongler et pratiquer les arts martiaux.

Il laisse dans le deuil sa mère Margot Ducharme, son père Gaston Tremblay, sa « louve » Annik MH de Carufel et une très grande famille. Particulièrement affable, André laisse aussi un très grand cercle d’amis dans le deuil.

Annik et Gaston accueilleront leurs familles et les amis d’André lors d’une Amicale au salon funéraire Alfred Dallaire MEMORIA au 4231, boul. Saint-Laurent à Montréal, samedi 23 février de 20 h à 23 h. Information : 514-277-7778

Au lieu de fleurs, une contribution à une cause spéciale sera appréciée sur les lieux.