Un jet d’encre rouge

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J’aimerais jouer de mon âme

Comme on joue de la guitare

Posément, délicatement, attentif à chaque pincement de corde

J’aimerais poser

Ma caisse sonore sur ta cage thoracique

Une pause, des points de suspension, une exclamation

Mes doigts écriraient, en de délicates cursives, des mots sur ta chair

J’aimerais peindre

En de magnifiques superbes arabesques,  des enluminures sur ton corps

Comme les sentiers qui serpentent dans les sous-bois

J’aimerais m’émouvoir avec toi

Entre les fougères qui, comme autant de plumes,

Peigneraient sur nos corps en une calligraphie d’encre rouge

La cursive de nos âmes.

Une couple de piastres

S0240205Mardi 30 avril 2013

Le ciel et bas, gris, il neige. Le train fonce à pleine vitesse vers Jasper, un blizzard se forme autour de sa carlingue d’acier inoxydable. Gris sur gris, c’est le twilight zone.

Cet après-midi on traversera les Rocheuses.

Edmonton est en pleine expansion, la gare de triage est en construction les trains de marchandises foisonnement, les abords des voies ferrées sont les arrières cours des approvisionneurs industriels des champs de sable bitumineux. Ce sont en fait des amoncellements de vieux équipements usés, de ferrailles et d’immenses bric-à-brac rouillés. Ici on ne se préoccupe pas des apparences, l’important c’est de faire une autre piastre.

Troubadour

Troubadour-2Lundi 29 avril 2013

Il y a un sentiment de solidarité et de familiarité qui se développe entre les voyageurs dans un train. Les gens se rassemblent spontanément autour des troubadours, ces personnes qui voyagent guitare en bandoulière et chansons en bouche.

Le wagon-salon-dôme est un rendez-vous tout indiqué pour les voyageurs du troisième appel. Ceux-là mêmes qui doivent attendre deux heures avant d’être appelé au dîner.

Affamés, ils chantent pour faire passer le temps, pour partager un peu de joie de vivre avec les autres passagers.

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Avoir soixante-trois ans, c’est de ne pas reconnaître les tubes que chantent les jeunes, mais tout à fait heureux d’écouter les « jeunes » chanter.

Ici, la nature est plus généreuse, plus extrême; nous sommes à trois heures de Winnipeg et le paysage me rappelle celui du Bouclier canadien du Nord de l’Ontario.

Tiens, le train crie, nous voilà dans les plaines, les champs sont inondés, on approche de Winnipeg.

Prochain arrêt, prochain blogue : Jasper

Tard la nuit ? Tôt le matin ?

Dimanche 28 avril 2013

Photo du 2013-04-28 à 05.29 #2

Tard la nuit ? Tôt le matin ?

L’écran de mon ordi se reflète sur les parois du dôme panoramique, mais tout est noir sauf mon visage d’insomniaque qui luit dans la nuit.  J’ai l’impression d’être au contrôle de l’avion de Saint-Exupéry, au loin sous les étoiles les maisons des habitants scintillent … Impossible de reconnaître quoi que ce soit.  On ne peut les imaginer tels qu’ils sont, ce qu’ils désirent, ce qu’ils ont…

Hier, les préposés de Via Rail nous ont accueillis  dans le salon Panorama d’Union Station. Je suis toujours un peu ému quand je traverse la grande salle de cette gare, majestueuse, conçue et construite à une époque où l’on entretenait encore un  mythe au sujet de la grandeur de ce pays. En architecture comme en poésie. À chaque visite, je m’arrête pour relire les noms des arrêts, des villes qui ponctuent  ce long chemin de fer qui traverse l’Amérique.

L’Alberta nous attend,  on m’assure que l’on ne passera pas dans la contrée des sables bitumineux, notre honte nationale, notre viol collectif. Comment peu voler, voire tuer nos enfants pour quelques dollars? Dans un sens, Judas est l’archétype du parfait conservateur. Harper me rappelle à la mémoire la violence de la toile Saturne dévorant son fils, de Francis Goya. Nous voulions être les gardiens de la paix, il a fait de nous les « go for this, go for that » des Américains.

Dans le noir de la nuit, on devine l’intimité des gens, car les lumières des maisons sont d’un jaune chaleureux et les luminaires publics d’un blanc bleu et froid. Tant d’amour, tant d’amitié dans tant de foyers. Le vert du dôme me renvoie mon image,  on est droit de se demander si ce n’est pas cette réflexion qui est la réalité, car notre appréhension est subjective. On se sent beaucoup plus que l’on se voit, faire l’amour c’est d’avoir le privilège d’examiner quelqu’un de tout près, de poser son oreille sur sa poitrine où son abdomen pour écouter son corps vivre, pour entendre son corps jouir. La vérité est dans la jouissance.

Capréol, à la barre du jour…

C’est le grand ciel bleu qui se lève, dans des teintes de rose, de mauve parsemé de nuages de pervenche et d’encre de Chine. Enfin, Capréol avec sa gare de triage plus grande que le village est le bout de mon monde.

À partir d’ici, c’est la terra incognita.

C’t un cadeau s’tie!

Un de mes amis m’a offert un voyage aller-retour à Vancouver… en train!

Alors, mon blogue part en voyage!

Spiral%20Tunnels,BC

Et moi aussi je pars en voyage, je men vais, je sacre mon camp, bye-bye boss, je prends le train, tunnel sous les Rocheuses à l’horizon, je prends le large, Adios amigos! Hasta la vista baby!!!
Vroom vroom,Beep Beep!

Vancouver, here I come, j’arrive!
Taxi… La gare Centrale tout de go!

Critique dans le Journal de Québec

Au kiosque du rassemblement

Gaston Tremblay — LE GRAND LIVRE

Vibrante autofiction

Le Journal de Québec, Mercredi 10 avril 2013, page 57

Marie France Bornais

Poète, essayiste et romancier, Gaston Tremblay, invité d’honneur du Salon international du livre de Québec (SILQ), témoigne dans Le grand livre, du passage des jeunes à l’âge adulte, des bouleversements sociaux vécus dans les années 70 au Canada français et de ceux et celles qui restent dans le deuil après le départ d’un être cher. Il s’est basé sur sa propre expérience, mettant 40 ans à vivre le deuil de son ami André Paiement.

Le grand livre est une autofiction se déroulant à Sturgeon Falls, dans le Nord de l’Ontario, à la fin des années 60. Il évoque une jeunesse idéaliste en milieu modeste, dans le «Petit Québec» ontarien.

Famille de bûcherons

«J’ai grandi dans une famille de bûcherons, donc je n’étais pas prédestiné à une carrière de poète…», note-t-il. «J’ai pilé

Le livre raconte aussi l’amitié entre l’écrivain et André Paiement, fondateur du Théâtre du Nouvel-Ontario et du groupe CANO.

« C’était un autre artiste perdu à Sturgeon Falls. On était voisins, et la première fois que je l’ai rencontré, c’est dans le trou de sable au coin de la rue. Et on s’est redécouverts en 67, à l’âge de 18 ans, et on s’est découvert des affinités pour la littérature.

« J’écrivais mon journal personnel à l’époque et ça l’avait fasciné. On a commencé à l’écrire ensemble et, pendant un certain temps, il brûlait ses cours de latin pour aller dactylographier dans le journal. On a commencé à en faire un livre qu’on appelait Le grand livre. »

Une Amérique en bouleversement

Le grand livre, devenu œuvre d’autofiction, consigne l’amitié entre les deux jeunes, leur quête existentielle à une époque où l’Amérique entière était en bouleversement.

«André voulait être musicien et il regardait les rock stars avec une certaine envie. C’était mon ami d’enfance et mon ami de création. Quand il est mort — c’était un suicide — j’ai été particulièrement touché. C’est assez surprenant, mais l’histoire d’André Fortin est à peu près celle d’André Paiement. J’ai été perturbé. On avait 28 ans. On était dans la force de l’âge.» Coupable de lèse-amour Quarante ans plus tard, Gaston Tremblay s’est penché sur les réflexions consignées à l’époque et a décidé de faire le point.

«Je voulais parler des victimes du suicide, qui vivent énormément de culpabilité. J’ai trouvé un mot pour récapituler ça : c’est être coupable de lèse-amour. On se sent coupable de ça, mais, dans le fond, on ne devrait pas.»

NOTA BENE  GASTON TREMBLAY EST INVITÉ D’HONNEUR DU SILQ. POUR CONNAÎTRE L’HORAIRE DE LA JOURNÉE : WWW.SILQ.CA

Prix du Nouvel-Ontario

  • Gaston-PrixGaston Tremblay, récipiendaire du Prix du Nouvel-Ontario 2013, était de passage à Sturgeon Falls pendant le lancement de son dernier livre. Le grand livre, une «autofiction» qui retrace son enfance et son adolescence dans ce village, ainsi que son amitié avec le co-fondateur de CANO, André Paiement, est en vente chez Michaud & Lévesque à Sturgeon Falls. On voit ici l’auteur devant la maison de son enfance, qu’il a profité pour visiter pendant son bref passage.

Le Prix du Nouvel-Ontario a été remis au poète et romancier Gaston Tremblay, originaire de Sturgeon Falls, dans le cadre du Grand rassemblement des 40 ans des Éditions Prise de parole et de la Nuit sur l’Étang, le 23 mars à Sudbury. Il y a reçu la traditionnelle trille en nickel associée au Prix du Nouvel-Ontario, et une bourse de 1000$ offerte par la Société Radio-Canada.
Poète, romancier, essayiste, Gaston Tremblay a été fondateur puis directeur pendant plusieurs années de la maison d’édition sudburoise Prise de parole. Il a également dirigé le Théâtre du Nouvel-Ontario, la Nuit sur l’étang et, enfin, le Monument-National, avant de se consacrer entièrement à l’écriture.

Influencé par l’esprit travaillant des famillez Goulard et Lévesque à Sturgeon Falls, dont il est issu, il a d’abord été draveur, pileur de planches et mineur. Son écriture reste imprégnée de ses premières expériences. Il lance sa carrière d’écrivain en 1970 au sein de la Coopérative des Artistes du Nouvel-Ontario et
cosigne en 1973 Lignes-Signes, le premier recueil de poésie de la maison Prise de parole. Quelques-uns de ses poèmes sont mis en musique par le groupe CANO. Son roman, Le langage des chiens est mis en nomination au Prix des lecteurs Radio-Canada en 2002. Gaston Tremblay est également l’auteur du Grand livre (Prise de parole, 2012), une autofiction inspirée de sa grande amitié avec André Paiement qui raconte un moment déterminant dans la vie de deux jeunes adolescents, à une époque charnière – la fin des années soixante – dans l’histoire du Nouvel-Ontario. Le recueil de Dorais, son plus récent projet, rassemble l’oeuvre savante et de création de Fernand Dorais, professeur et penseur original qui a inspiré de nombreuses vocations lors de son passage à Sudbury et qui a été l’un des premiers intellectuels à faire de l’Ontario français un objet d’étude… Pour en savoir plus, cliquez ici! http://www.westnipissing.com/Gaston_Tremblay_remporte_le_Prix_du_Nouvel-Ontario.html

Suzanne Gammon, La Tribune

Salon du livre de Québec

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Fin de semaine de rêve, un samedi ensoleillé comme seul le printemps canadien peut nous offrir, un dimanche de grisaille humide qui annonce la saison du renouveau… renaissance, passage, c’est le moment de se pardonner comme on pardonne aux autres, de se rappeller de l’important comme on oublie l’inutile. Que l’on prend le temps d’ouvrir un nouveau livre…

Bonne nouvelle, je serai l’invité d’honneur du Salon du livre de Québec le mercredi 10 avril. Venez me rencontrer au kiosque 221.
Pour plus de détails, j’ai placé le communiqué de presse de Prise de parole sous l’onglet de communiqué de presse de ce site ou encore vous pouvez visiter la page du Salon du livre de Québec. http://silq.ca/