Voici donc une deuxième maquette de couverture, de facture un peu plus classique et qui accorde plus d’importance à l’espoir et au lever du soleil.
Aujourd’hui, c’est le dernier droit, je finalise le tout.
GAT
Enfin… Aujourd’hui, j’espère finaliser mon manuscrit de poésie et de le soumettre aux éditeurs.
Avec toute l’angoisse que cela suppose.
Pour m’amuser et surtout pour me donner une erre d’aller, la semaine passée, j’ai créé une maquette de couverture avec une photo de mon fils. Ayant été éditeur, je n’ai aucune illusion, ce ne sera pas nécessairement celle qui sera retenue.
Mais… je vais tout de même défendre mon projet, et pour mieux préparer mes arguments je vous invite à évaluer mon projet de couverture en lui accordant de 1 à 5 étoiles. En plus, je serais reconnaissant de recevoir vos suggestions et vos commentaires. Qu’elle soit positive ou négative, la critique est toujours constructive.
Pourquoi Turbulences, parce que la turbulence suppose un certain bien-être, un high, suivit d’une chute subite et beaucoup d’anxiété et d’angoisse. Donc, le recueil s’ouvre sur deux cycles d’amour, et propose ensuite cinq cycles de turbulences et de chutes libres.
Au plaisir de lire vos commentaires.

Je vous ai déjà annoncé la sortie du deuxième volume du Recueil de Dorais. Après tant d’années de travail et d’attente, ce fut pour moi un anticlimax (pardonnez l’anglicisme, mais je ne pouvais pas me résigner à utiliser la traduction française : gradation descendante).
J’ai franchement cru que cette œuvre passerait inaperçue, jusqu’à ce que ce message arrive chez l’éditeur. De quoi se réjouir dans le silence de l’indifférence.
Je remercie l’auteur de nous avoir donné la permission de le reproduire. Sans plus, je vous laisse lire le commentaire, qui me semble à la hauteur de cette œuvre.
GAT
« Si Freud pouvait aujourd’hui lire les écrits de Dorais, il y trouverait l’exemple parfait de la sublimation.
D’une grande intensité, ses «contes» sont empreints d’une intensité constante, à la limite de la violence entre la colère et la plus pure passion. Textes transcendants à la limite de l’exaltation, ils vont au-delà d’une homosexualité réprimée, mais cherchent bien à exprimer un quelque chose d’inatteignable et de grandiose dans l’amour et le désir.
Ces «choses» qui lui sont interdites (sauf si ces textes sont en fait des autobiographies déguisées) sont aussi largement servies par ses connaissances de la philosophie, la religion et la sémiologie. On ne peut rester insensible à ses appels multiples au lecteur qu’il emprisonne dans ces passions de maux et de mots, l’accusant d’être un voyeur ou un juge ou même un critique universitaire condamnable aux enfers perpétuels (je paraphrase).
On en sort étourdi.
Dorais lui-même fit retirer du marché certains de ces textes publiés sous un nom de plume… probablement jugés trop osés pour son époque. Aujourd’hui, ils ne me semblent pas particulièrement choquants — même si l’un des textes est une ode d’admiration au Pénis ! Ce qui peut paraître étonnant venant d’un religieux… — et pourtant notre littérature actuelle est parfois allée plus loin encore pour exacerber l’excitation du lecteur en mal de sensations littéraires.
Scandale(s) élagués, notre auteur est maintenant admirable et pourrait en renvoyer d’autres à leurs pupitres…
Salutations. »
Patrick (Ravel) Perreault —

Voici un extrait de mon nouveau recueil de poésie, Turbulences.
À la veille de nos fêtes nationales, il est important de se rappeler ce qui nous distingue.
Gaston


Je me permets de me citer ma thèse, «La Littérature du vacuum», dans laquelle je cite Barthes et Bilens pour mettre en valeur le concept que ce vitrail me rappelle à l’esprit « il nous faut signer un contrat avec le lecteur, et ce sont Roland Barthes et Georges Bilens qui nous instruisent, car tous deux se rabattent sur l’écriture pour signer avec le lecteur un pacte de sincérité :
Larvatus prodeo, je m’avance en désignant mon masque du doigt. Que ce soit l’expérience inhumaine du poète, assumant la plus grave des ruptures, celle du langage social ou que ce soit le mensonge crédible du romancier, la sincérité a ici besoin de faux signes faux, et évidemment faux, pour être consommée[1].
Ce sont les coups du brigadier qui précèdent le lever du rideau et, dans le cas qui nous intéresse, c’est la première personne du pluriel du narrateur et la troisième personne du singulier — ou pluriel dans le cas des projets collectifs que nous attribuons à l’auteur lorsqu’il figure dans cette analyse. Indices de surfaces ? Certes, mais ce sont des signes que le lecteur reconnaîtra facilement, car, somme toute, ce sera à lui de faire la part des choses.
Il ne suffit pas de montrer son masque du doigt, car il faut avant tout savoir faire la différence entre l’être et le paraître. Ce qui peut sembler évident aux spectateurs est en fait de la haute voltige pour le comédien qui doit puiser dans son for intérieur pour donner à son personnage un peu de chair, une part de son âme et, pour le temps de la représentation, son sang et son souffle. Mikhaïl Bakhtine parle d’exotopie pour décrire la posture que doit adopter un écrivain pour tenir compte non seulement des objets qu’il veut mettre en scène, mais aussi de sa personne qui est le Sujet et, jusqu’à un certain point, l’Objet du texte qui s’écrit. Cette exotopie, cette posture à l’extérieur de soi, est le topos, le lieu, que choisit l’auteur pour écrire. Au-delà de ses premiers textes autobiographiques, il doit apprendre à se déplacer de topos en topos tout en effectuant des allers-retours entre les postures qu’il adopte et sa personne. Pour survivre, pour ne pas sombrer dans l’abîme, il doit aussi pouvoir, en fin de journée, se recentrer sur lui-même. »
[1] Roland Barthes, 1953. Le Degré zéro de l’écriture. Coll. « Méditations », Paris, Gonthier, p. 37.
Chaque matin, je lis une partie du récit poétique Du pain dans les joues, de Louise Marois. L’histoire d’un couple, d’une maison, et d’un entrepreneur en rénovati
on. Il n’y pas de dialogues, seulement des discours intérieurs tout en subtilité.
Pour lire ce récit, il fait s’y abandonner, se laisser bercer par le texte. Ce matin, un chapitre m’a rappelé un vers de Robert Dickson :
« Novembre est oriental en sa sobriété »
Un vers qui m’a marqué et qui revient constamment à ma conscience comme un leitmotiv.
Il y a quelques semaines, je l’ai évoqué pour expliquer à un verrier ce que j’aimerais voir dans le vitrail que je lui ai commandé pour la fenêtre de mon atelier. Et puis j’ai tenté de faire revivre l’image suivante, celle-là même qui est au cœur du Langage des chiens.
De rafale en rafale
Dans l’aveuglement du blizzard
L’enfant pose une à une ses galoches
Dans l’évanescence de ses empreintes
Depuis lors, le temps qui passe
Se mesure à la profondeur
De ses traces dans son champ de neige
Comme dans le vif de la chair de cette page.
Nous avons bien travaillé, d’ici quelques jours j’afficherai la photo du vitrail et le texte d’accompagnement.
À suivre
J’ai allumé une bougie
Sa flamme et…
Son essence de palmiers des îles
M’embaument et m’attisent
Je porte ce poème sur mon cœur
En pensant à la vie
Et à la mort
Cet été-là
Il accrochait un monocle à sa poitrine.
Une éclisse de larme
En verre rose
Un bouclier d’optimisme
Pour se prémunir des excès
De sa clairvoyance
Ce matin-ci
J’écrivais un poème sur ma poitrine
Une gerbe de voyelles
Et de consonnes roses
Un bouclier de poésie
Pour me prémunir des excès
De mon aveuglement
Pour comprendre la magie du monocle
Il faut s’ouvrir et s’imaginer
Sept milliards d’hommes et de femmes
Qui font l’amour en même temps
Quand on est seul, c’est intolérable
De là, la règle de l’abstinence
Des Hommes de robe
Pour comprendre la vie, la haine et l’amour
Il faut tenir compte des milliers
De viols, d’abus et de scènes de snuff
Dans la conscience et l’histoire des hommes
Tels de petits animaux blessés, mon âme et ma muse
S’écrient, s’écrivent et lèchent leurs meurtrissures
Pour y survivre.

Mon grand frère, m’a fortement recommandé d’aller voir le film Saving Mr. Banks, un film qui fut mis en marché en 2013 par le Studio Disney comme un Making Of de Mary Poppins (1964) de Walt Disney lui-même.
Voir Tom Hanks interpréter Walt Disney fut pour moi un voyage dans le temps, un véritable déjà-vu nostalgique. Que de soirées du dimanche que nous avons vécus en famille à regarder The Wonderful World of Walt Disney, The Ed Sullivan show et pour finir Bonanza. Mon père, un homme pratique, avait installé la télévision sur une tablette près du plafond, loin de toutes nos petites mains. Assis en Indiens par terre, entassés sur le canapé carreauté vert et noir ou encore dans les berceuses de bois de grand-maman que notre mère avait recouverte de cuirette verte nous regardions religieusement, dans notre ciel télévisuel, les images animées de Topo Gigio, de Little Joe, de Tinker Bell et même, parfois, de notre personnage préféré, Walt Disney lui-même.
Plus que les bandes annonces, plus que la recommandation de mon frère, ce sont les images de l’interprétation de Tom Hanks que l’on voyait tout dernièrement à la télévision qui m’ont convaincu de me payer une place dans la première rangée du cinéma, comme si j’avais encore huit ans. À l’époque, maman, plus souvent que jamais, refusait de nous payer des billets de cinéma, car nous étions huit. Le seul argument que nous pouvions invoquer avec succès était « Mais c’est un Walt Disney Maman! » Elle décidait alors de se payer une après-midi de repos en envoyant toute sa tralée, les petits sous la garde des grands, à la matinée du cinéma Odéon.
J’ai bien apprécié ce nouveau film si ce n’est que pour tous les souvenirs qu’il m’a rappelés à la mémoire. Mais ce n’est qu’à la toute fin de la présentation que j’ai compris pourquoi mon ainé me l’avait si fortement recommandée. Le film original, Mary Poppins, est l’histoire de la famille de Mary Travers (Emma Thompson) dont le père était un grand rêveur et un alcoolique invétéré. Elle a donc vécu une enfance difficile, ponctuée des jeux fantaisistes que son père organisait et qui étaient tous, immanquablement, suivis d’une descente aux enfers en règle. Selon les scènes de retour arrière du film, ce serait la petite Mary Travers qui aurait donné à son père son dernier flacon de poison. Dans le film de cette année, le défi de Hanks-Disney est de convaincre Thompson-Travers de lui céder ses droits pour qu’il puisse tourner un film au sujet de Mary Poppins. À la fin du film, Disney découvre le secret de Mary Travers et c’est ainsi qu’il réussit à la convaincre de poursuivre son envolée originale qui avait comme leitmotive de réhabiliter son père en créant un monde imaginaire dans lequel elle pourrait sauver papa Banks. Un exercice de sublimation cinématographique, car en effaçant les tares de papa pour mieux mettre en valeur ses qualités elle le réhabilitait dans son imaginaire et sur la place publique.
Il est particulièrement difficile pour un père d’accepter le suicide de son fils, cela est d’autant plus pénible quand il vient tout juste de publier un roman qui est essentiellement un exutoire pour oublier le suicide de son meilleur ami. En survivant au suicide d’un proche, on est nécessairement déchiré entre nos sentiments, entre la révolte et la pitié, entre le rejet et l’acceptation, entre l’antipathie et l’empathie, entre la haine et l’amour… et puis on est submergé dans culpabilité de ressentir en rafales tous ses sentiments.
Le métro est un endroit idéal pour réfléchir, car on doit nécessairement se replier sur soi-même de peur de vivre en public ce qui nous préoccupe. En rentrant à la maison, quelque part entre Atwater et Honoré-Beaugrand, j’ai compris ce que mon frère cherchait à me dire. J’ai compris que je devais tenter de redécouvrir à travers des œuvres d’André qui mon fils était. Que je devais revisiter ses œuvres qui témoignent de sa présence sur terre, de la passion qu’il a vécue, même si parfois ses sentiments étaient pénibles comme ceux que je ressens aujourd’hui et parfois sublimes comme cette photo qui me rappelle que la création passe par la sublimation.