Une appréciation qui arrive à point.

Dorais metteur en scène
Fernand Dorais lors de la mise en scène du Happening FO, à l’hiver 1969.

Je vous ai déjà annoncé la sortie du deuxième volume du Recueil de Dorais. Après tant d’années de travail et d’attente, ce fut pour moi un anticlimax (pardonnez l’anglicisme, mais je ne pouvais pas me résigner à utiliser la traduction française : gradation descendante).

J’ai franchement cru que cette œuvre passerait inaperçue, jusqu’à ce que ce message arrive chez l’éditeur. De quoi se réjouir dans le silence de l’indifférence.

Je remercie l’auteur de nous avoir donné la permission de le reproduire. Sans plus, je vous laisse lire le commentaire, qui me semble à la hauteur de cette œuvre.
GAT

« Si Freud pouvait aujourd’hui lire les écrits de Dorais, il y trouverait l’exemple parfait de la sublimation.
D’une grande intensité, ses «contes» sont empreints d’une intensité constante, à la limite de la violence entre la colère et la plus pure passion. Textes transcendants à la limite de l’exaltation, ils vont au-delà d’une homosexualité réprimée, mais cherchent bien à exprimer un quelque chose d’inatteignable et de grandiose dans l’amour et le désir.
Ces «choses» qui lui sont interdites (sauf si ces textes sont en fait des autobiographies déguisées) sont aussi largement servies par ses connaissances de la philosophie, la religion et la sémiologie. On ne peut rester insensible à ses appels multiples au lecteur qu’il emprisonne dans ces passions de maux et de mots, l’accusant d’être un voyeur ou un juge ou même un critique universitaire condamnable aux enfers perpétuels (je paraphrase).
On en sort étourdi.
Dorais lui-même fit retirer du marché certains de ces textes publiés sous un nom de plume… probablement jugés trop osés pour son époque. Aujourd’hui, ils ne me semblent pas particulièrement choquants — même si l’un des textes est une ode d’admiration au Pénis ! Ce qui peut paraître étonnant venant d’un religieux… — et pourtant notre littérature actuelle est parfois allée plus loin encore pour exacerber l’excitation du lecteur en mal de sensations littéraires.
Scandale(s) élagués, notre auteur est maintenant admirable et pourrait en renvoyer d’autres à leurs pupitres…

Salutations. »

Patrick (Ravel) Perreault —

Larvatus prodeo!

Le Masque de Philippe Haineault
Le Masque
de Philippe Haineault

Je me permets de me citer ma thèse, «La Littérature du vacuum», dans laquelle je cite Barthes et Bilens pour mettre en valeur le concept que ce vitrail me rappelle à l’esprit « il nous faut signer un contrat avec le lecteur, et ce sont Roland Barthes et Georges Bilens qui nous instruisent, car tous deux se rabattent sur l’écriture pour signer avec le lecteur un pacte de sincérité :

Larvatus prodeo, je m’avance en désignant mon masque du doigt. Que ce soit l’expérience inhumaine du poète, assumant la plus grave des ruptures, celle du langage social ou que ce soit le mensonge crédible du romancier, la sincérité a ici besoin de faux signes faux, et évidemment faux, pour être consommée[1].

Ce sont les coups du brigadier qui précèdent le lever du rideau et, dans le cas qui nous intéresse, c’est la première personne du pluriel du narrateur et la troisième personne du singulier — ou pluriel dans le cas des projets collectifs que nous attribuons à l’auteur lorsqu’il figure dans cette analyse. Indices de surfaces ? Certes, mais ce sont des signes que le lecteur reconnaîtra facilement, car, somme toute, ce sera à lui de faire la part des choses.

Il ne suffit pas de montrer son masque du doigt, car il faut avant tout savoir faire la différence entre l’être et le paraître. Ce qui peut sembler évident aux spectateurs est en fait de la haute voltige pour le comédien qui doit puiser dans son for intérieur pour donner à son personnage un peu de chair, une part de son âme et, pour le temps de la représentation, son sang et son souffle. Mikhaïl Bakhtine parle d’exotopie pour décrire la posture que doit adopter un écrivain pour tenir compte non seulement des objets qu’il veut mettre en scène, mais aussi de sa personne qui est le Sujet et, jusqu’à un certain point, l’Objet du texte qui s’écrit. Cette exotopie, cette posture à l’extérieur de soi, est le topos, le lieu, que choisit l’auteur pour écrire. Au-delà de ses premiers textes autobiographiques, il doit apprendre à se déplacer de topos en topos tout en effectuant des allers-retours entre les postures qu’il adopte et sa personne. Pour survivre, pour ne pas sombrer dans l’abîme, il doit aussi pouvoir, en fin de journée, se recentrer sur lui-même. »

 

[1] Roland Barthes, 1953. Le Degré zéro de l’écriture. Coll. « Méditations », Paris, Gonthier, p. 37.

Innunguaq

Inukshuck
Vitrail de Philippe Hainault

Art poétique
Pour Philippe

Depuis ce temps-là… il marche
Dans ses propres pas
En boucle fermée, tel qu’il a été conçu
Comme si sa vie était un rêve devenu réalité

Depuis le temps de l’écriture… il retourne
Dans ses propres pas
Pour réviser tout ce qu’il a déjà vécu
Comme si son destin était un rêve infini

De rafale en rafale
Dans l’aveuglement du blizzard
L’enfant pose ses pieds devant lui… ses galoches
S’enfoncent dans l’évanescence de ses empreintes

Depuis lors, le temps qui passe et repasse
Se mesure à la profondeur
De ses traces dans ce champ de neige
Comme dans le vif de la chair de cette page

Et au-delà de ses pas, peu importe
Que la ligne de son sentier s’estompe
Car sous les aurores boréales comme guide
Il n’y a que le Nord et le Cœur de son Inukshuck.

[1] «Par extension, le mot inukshuk en est venu à désigner, dans l’art inuit, à partir des années 1960[], puis dans la culture populaire, une construction de pierres adoptant une forme humaine. Un tel monument anthropomorphe est, en inuktitut, plutôt considéré comme un inunnguaq (pluriel : inunnguait), signifiant ‘ce qui ressemble à un être humain’ ». Wikipédia

Une bougie dans la nuit

chandelles

J’ai allumé une bougie
Sa flamme et…
Son essence de palmiers des îles
M’embaument et m’attisent
Je porte ce poème sur mon cœur
En pensant à la vie
Et à la mort

Cet été-là
Il accrochait un monocle à sa poitrine.
Une éclisse de larme
En verre rose
Un bouclier d’optimisme
Pour se prémunir des excès
De sa clairvoyance

Ce matin-ci
J’écrivais un poème sur ma poitrine
Une gerbe de voyelles
Et de consonnes roses
Un bouclier de poésie
Pour me prémunir des excès
De mon aveuglement

Pour comprendre la magie du monocle
Il faut s’ouvrir et s’imaginer
Sept milliards d’hommes et de femmes
Qui font l’amour en même temps
Quand on est seul, c’est intolérable
De là, la règle de l’abstinence
Des Hommes de robe

Pour comprendre la vie, la haine et l’amour
Il faut tenir compte des milliers
De viols, d’abus et de scènes de snuff
Dans la conscience et l’histoire des hommes
Tels de petits animaux blessés, mon âme et ma muse
S’écrient, s’écrivent et lèchent leurs meurtrissures
Pour y survivre.

 

Survivre au suicide

RODIN 2012-050
Rodin, Grands Ballets canadiens, 2011

Mon grand frère, m’a fortement recommandé d’aller voir le film Saving Mr. Banks, un film qui fut mis en marché en 2013 par le Studio Disney comme un Making Of de Mary Poppins (1964) de Walt Disney lui-même.

Voir Tom Hanks interpréter Walt Disney fut pour moi un voyage dans le temps, un véritable déjà-vu nostalgique. Que de soirées du dimanche que nous avons vécus en famille à regarder The Wonderful World  of Walt Disney, The Ed Sullivan show et pour finir Bonanza. Mon père, un homme pratique, avait installé la télévision sur une tablette près du plafond, loin de toutes nos petites mains. Assis en Indiens par terre, entassés sur le canapé carreauté vert et noir ou encore dans les berceuses de bois de grand-maman que notre mère avait recouverte de cuirette verte nous regardions religieusement, dans notre ciel télévisuel, les images animées de Topo Gigio, de Little Joe, de Tinker Bell et même, parfois, de notre personnage préféré, Walt Disney lui-même.

Plus que les bandes annonces, plus que la recommandation de mon frère, ce sont les images de l’interprétation de Tom Hanks que l’on voyait tout dernièrement à la télévision qui m’ont convaincu de me payer une place dans la première rangée du cinéma, comme si j’avais encore huit ans. À l’époque, maman, plus souvent que jamais, refusait de nous payer des billets de cinéma, car nous étions huit. Le seul argument que nous pouvions invoquer avec succès était « Mais c’est un Walt Disney Maman! » Elle décidait alors de se payer une après-midi de repos en envoyant toute sa tralée, les petits sous la garde des grands, à la matinée du cinéma Odéon.

J’ai bien apprécié ce nouveau film si ce n’est que pour tous les souvenirs qu’il m’a rappelés à la mémoire. Mais ce n’est qu’à la toute fin de la présentation que j’ai compris pourquoi mon ainé me l’avait si fortement recommandée. Le film original, Mary Poppins, est l’histoire de la famille de Mary Travers (Emma Thompson) dont le père était un grand rêveur et un alcoolique invétéré. Elle a donc vécu une enfance difficile, ponctuée des jeux fantaisistes que son père organisait et qui étaient tous, immanquablement, suivis d’une descente aux enfers en règle. Selon les scènes de retour arrière du film, ce serait la petite Mary Travers qui aurait donné à son père son dernier flacon de poison. Dans le film de cette année, le défi de Hanks-Disney est de convaincre Thompson-Travers de lui céder ses droits pour qu’il puisse tourner un film au sujet de Mary Poppins. À la fin du film, Disney découvre le secret de Mary Travers et c’est ainsi qu’il réussit à la convaincre de poursuivre son envolée originale qui avait comme leitmotive de réhabiliter son père en créant un monde imaginaire dans lequel elle pourrait sauver papa Banks. Un exercice de sublimation cinématographique, car en effaçant les tares de papa pour mieux mettre en valeur ses qualités elle le réhabilitait dans son imaginaire et sur la place publique.

Il est particulièrement difficile pour un père d’accepter le suicide de son fils, cela est d’autant plus pénible quand il vient tout juste de publier un roman qui est essentiellement un exutoire pour oublier le suicide de son meilleur ami. En survivant au suicide d’un proche, on est nécessairement déchiré entre nos sentiments, entre la révolte et la pitié, entre le rejet et l’acceptation, entre l’antipathie et l’empathie, entre la haine et l’amour… et puis on est submergé dans culpabilité de ressentir en rafales tous ses sentiments.

Le métro est un endroit idéal pour réfléchir, car on doit nécessairement se replier sur soi-même de peur de vivre en public ce qui nous préoccupe. En rentrant à la maison, quelque part entre Atwater et Honoré-Beaugrand, j’ai compris ce que mon frère cherchait à me dire. J’ai compris que je devais tenter de redécouvrir à travers des œuvres d’André qui mon fils était. Que je devais revisiter ses œuvres qui témoignent de sa présence sur terre, de la passion qu’il a vécue, même si parfois ses sentiments étaient pénibles comme ceux que je ressens aujourd’hui et parfois sublimes comme cette photo qui me rappelle que la création passe par la sublimation.

La rose de la vie

PdP_cDorais2_100621En lisant les épreuves du deuxième volume du Recueil de Dorais[1], j’ai dû faire une pause de vie pour réfléchir à ces deux vers qui se présentent à moi comme une synthèse, comme la synthèse de nos vies.

« L’univers n’existe que pour
Un geste d’Amour. Une Rose. »

Et le temps de cette session de lecture tous mes gestes d’amour m’ont possédé. Maelstrom de souvenance, Let’s do the time warp again, passions débridées, moments de vérités, c’est dans le miroir de l’autre et de l’amour que l’on s’entrevoit pour la première fois.


[1] Dorais Fernand, 2013. Le Recueil de Dorais, vol. 2, Les trois contes d’androgynie suivit du Conte d’amour. Sudbury, Prise de parole, 394 pages.

Résolutions et souhaits

Image

Pour Joël et Michael les parents de Lola, la petite dernière de notre famille

  • Parfois
  • Il est nécessaire de
  • Prendre quelques instants
  • Pour se prélasser dans
  • Un regard nostalgique
  • Pour se rappeler le temps d’antan,
  • De l’avant cela, de l’avant ceci
  • Pour se donner la volonté
  • De vivre l’invivable
  • D’accepter l’impensable
  • De se donner le courage
  • D’accomplir ce qui s’impose
  • Pas nécessairement ce que nous voulions
  • Mais plutôt de ce qui était attendu de nous
  • Même s’il n’y a que la satisfaction d’avoir fait
  • Ce qui se devait
  • Prenons la ferme résolution de continuer
  • Si ce n’est que
  • Pour revivre le vif souvenir d’un sourire d’enfant
  • Pour revoir son regard reconnaissant
  • Pour entendre ses mots chaleureux
  • Pour recevoir ses mots d’amour
  • Pour prendre sa petite main tendue en toute confiance
  • Pour sentir sa reconnaissance
  • D’avoir donné un oui généreux plutôt qu’un non-grincheux.
  • Même s’il n’y a que la satisfaction d’avoir fait
  • Ce qui se devait
  • Prenons la ferme résolution de tout recommencer
  • C’est ainsi que je me permets de vous souhaiter
  • Que vous vous rappeliez
  • Tout ceci, tout cela et tout ce qui sera
  • Avant la fin de l’année qui commence.

De profondis clamavi ad te, Domine

Photo : André Tremblay
Photo : André Tremblay

En ce moment, je relis, sur les épreuves de typographie, le deuxième tome des œuvres de Fernand Dorais qui ira sous presse incessamment. Dans sa préface, Sheila Lacourcière tisse un fil d’Arianne qui permettra aux lecteurs de descendre en toute sécurité dans les profondeurs de l’enfer que Fernand Dorais a eu le courage d’affronter, comme Anne Hébert avant lui :

Le taciturne oiseau pris à mes doigts

Lampe gonflée de vin et de sang

Je descends

Vers le tombeau des rois

Étonnée

À peine née.

Hier soir, démoralisé, épuisé (on dit cansado en espagnol) en surfant sur les cases du menu de Videotron, je suis tombé par pur hasard sur l’émission Le Bossu symphonique de Fred Pellerin et de l’orchestre Symphonique de Montréal. Le conteur, nous a expliqué que dans son village, Saint-Élie-de-Caxton on réconcilie le réel à l’imaginaire en utilisant une merveilleuse clef déictique : « Ben voyons donc », un « Il était une fois » typiquement Caxtonien. Ainsi, puisque les conservateurs veulent faire disparaître les facteurs, il a dévoilé sa solution à ce dilemme. Quand, il ouvre la petite porte magique de sa boîte « à malle » il n’a qu’à dire « Bonjour!!! » (dans son monde les points d’exclamation sont nécessaires) et une petite main s’empresse de lui remettre sa facture d’Hydro Québec et « Merci!!! ». Solution compliquée? « Ben voyons donc!!! » C’est ainsi que le conteur garde son équilibre, c’est le fil d’Arianne qu’il nous a offert pour traverser l’enfer de Babine et du Forgeron du village, une espèce de Grinch à gros bras qui a voulu voler la fortune du petit lutin barbu.

Cansado, oui mon âme est fatiguée comme un cheval qui a trop longtemps trotté dans la vallée de la mort. Devant mon écran, j’ai l’impression d’être un bébé qui peine à faire ses rapports. C’est peut-être pour cela que, à l’occasion de mes abréactions, le nom de ma mère revient si souvent. Et Jean-Paul Sartre qui me fait ses petites leçons de politesse. C’est trop français, il faudrait épargner nos lecteurs, éviter de leur parler du voyage de la vie qui n’est pas toujours poli. Je ne veux et ne peux pas écrire et me taire.

Ce matin, en relisant les épreuves, j’ai rencontré ce texte de Dorais qui rejoint, à sa manière, le « Ben Voyons donc » de Fred Pellerin : « Tel devrait être dorénavant le principe de toute écriture de l’Imaginaire : en Occident, nous sommes arrivés à un point où nous pouvons maintenant procéder ainsi : laisser la vie de l’Imaginaire se poursuivre en nous, attendre patiemment qu’elle ait besoin de s’exprimer (tel thème revenant à tel moment donné), puis alors en transcrire les données. À la longue se tissent des récurrences qui révèlent la vie de la mémoire intermittente. »

Cela m’a rassuré. Mon blogue, ma poésie et mes romans sont tous écrits au premier degré. Quand je m’éloigne de moi-même, c’est pour embrasser le carnavalesque, mon personnage préféré est le Colosse de la montagne qui dans Le Langage des chiens est presque aphasique… Quand vient le temps de se dire soi-même ne le sommes-nous pas tous un peu? Moi, ma voix me vient de la musique : Y a on temps que e taime / Amais e ne tou bli rai.

Et puis, j’ai reçu un message de ma collègue Sheila : « Mes vœux pour vous et Annik, votre belle fille : de trouver de la consolation auprès de ceux et celles qui se soucient de vous. Mais vous avez déjà découvert un moyen pour “chasser les blues” Il faut les chanter dis-tu, et puis-je ajouter se servir de ton grand talent pour les écrire. Je te félicite pour ce beau blogue signé de toi et d’Annik, touchant, oui, mais tout imprégné d’espérance.

Merci, Sheila, j’accepte que tu veuilles prier pour moi, mais j’ajouterais que maman, quand elle voulait prier pour moi, priait toujours à saint Jude, patron des cas désespérés avec le succès qu’on lui connait.

TonTon le téléphone qui son

Post-scriptum : La photo du lutin en chef est de mon fils, André. Comme tout bon magicien, le lutin utilise tous ses charmes pour aller toucher le photographe, et nous par ricochet, jusqu’au fond de sa lentille.

Une chambre à soi

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Me voilà à nouveau dans mon cabinet pour l’hiver, le printemps et même l’été. Un mini congé sabbatique tant du point de la durée de mon congé que du salaire qu’on m’a accordé : à peine de quoi faire les frais du strict nécessaire. Mais enfin, je me compte chanceux de pouvoir me consacrer à l’écriture pendant les neuf prochains mois.

Tout cela me rappelle le merveilleux livre, A room of one’s own, dans lequel Virginia Wolfe parle des difficultés des femmes (1929, et 1951 pour l’édition française) à se payer une chambre à soi et du temps pour écrire. On lui avait demandé de parler des romancières anglaises du 19e siècle et elle leur a parlé de l’iniquité entre les hommes et les femmes qui « écrivent »!

Pour émuler une femme qui a plusieurs chambres pour écrire, je vous dirai que 2013 fut pour moi une annus horribilis. Tout dernièrement, j’ai lu une critique d’un livre qui s’intitulait Depuis que tu es mort, ou bien quelque comme cela. Depuis, ce titre me trotte dans la tête comme une chanson que l’on aurait aimée dans un passé lointain, et qui nous hante depuis l’avoir entendue à la radio du réveil matin.

Depuis que mon fils est mort, voilà la version de cette « tune » qui tourne et tourne sur la platine de mon âme. Chaque fois qu’elle remonte à la surface de ma conscience, je suis étonné de réaliser que mon premier réflexe est encore de nier le tout. Et en homme sage (?), je me raisonne, puis je pleure discrètement… silencieusement, et ma tristesse se résorbe jusqu’à la prochaine écoute.

Mes amis, me voilà dans ma chambre après trois mois à la faculté,  là où l’enfer, c’est définitivement les autres.