J’aimerais jouer de mon amour

J’aimerais écrire comme l’on joue de la musique

J’aimerais jouer de la guitare comme on écrit des poèmes

En pinçant mes mots délicatement

Mes doigts qui glissent le long de ces cordes sensibles

Une envolée

Comme feuilles qui frémissent dans l’air

Comme plume qui virevolte, qui tournoie dans le vent

Un oiseau juché sur un vers

Les accents de son chant qui s’accrochent à mon interligne

Le rythme de ma chanson

Comme son bec qui picore, comme une pointe de plume qui grince

Un vers, une strophe, un poème et même un recueil

Ne suffirait pas à dire tout ce qui doit se dire.

Laissez ces mots venir à vous, comme l’encre sur cette page.

La porte étroite

J’aimerais partager avec vous une expérience que j’ai eue à Paris en 1988. J’ai été très déçu de ma visite à Notre-Dame, car j’ai eu l’impression d’entrer dans une caverne sombre et humide, mais heureusement j’avais aussi prévu une visite à la Sainte-Chapelle qui est située dans l’ancien Palais des rois de l’île de la Cité. Nous sommes entrées par la porte de l’écurie, la grande porte au rez-de-chaussée qui, selon le dépliant, permettait aux chevaliers d’entrer dans l’édifice avec leur cheval afin de les héberger sous les voutes de pierres dorées. Pour se rendre à la chapelle, il faut emprunter un petit escalier en colimaçon conçu pour les hommes de l’époque, mais qui exige encore que tous les hommes de tous les siècles gravissent les trente-trois marches qui représentent chacune des années que le Christ a foulé la surface de la Terre. Pour franchir cette étape, l’homme moderne doit nécessairement se replier sur lui-même, car l’escalier n’a pas été conçu pour des hommes d’un mètre quatre-vingt de ce siècle. On dirait une « porte étroite » qui dans la Bible représente la difficulté d’entrer dans le royaume des cieux. C’est donc un soulagement que l’on ressent au plus profond de soi même lorsque l’on se déplie sur le plancher de la Sainte-Chapelle et c’est un ravissement mystique que de voir pour la première fois les 15 vitraux de la nef et de l’abside et surtout, en se retournant sur soi, d’admirer les pétales multicolores de la grande rose qui s’élève au-dessus de la porte de la chapelle haute. On a l’impression dans une maison translucide, là où les rayons du soleil colorés par des milliers de petite pièce de verres rebondissent sur toutes les parois, là où la lumière s’éclabousse sur les visiteurs au point où ils peuvent pressentir le passage des nuages dans la voute céleste.

Extrait de « En guise de (bis) », présentation du deuxième volume du Recueil de Dorais

Grand Lac café à Radio-Canada

Entretien à Radio-Canada

Voici un hyperlien vers le site « Grand-Lac Café » ou vous trouverez l’entretien d’Éric Robitaille et Gaston Tremblay au sujet du lancement du roman Le grand livre publié à Prise de parole et de l’émission « Cano à contre-courant » qui sera diffusée à Radio-Canada dans le cadre de la série Tout le monde en parlait (26 juin 19 h 30).

Grand Lac Café

L’auteur et poète Gaston Tremblay vient nous présenter son dernier roman « Le grand livre » publié aux Éditions Prise de parole. Il y raconte sa jeunesse avec son grand ami et complice André Paiement.

Gaston Tremblay raconte ses souvenirs de son ami André :  http://t.co/9w5JgGrS via @RC_Radio

Le post-partum de l’écrivain…

Le 23 juin 2012 en écoutant Grand Lac café

Après après avoir vécu et voyagé pendant six ans dans le monde virtuel de mes personnages me voilà les deux pieds bien ancrés dans le fumier du plancher des vaches. Aie, aie, ayoye, j’ai mal à mon principe de la réalité qui m’en veut de m’être absenté pendant si longtemps.

Tous les nouveaux projets d’écriture que je caressais pendant les trop longues sessions de révisions du Grand Livre m’indiffèrent, tellement que je ne sais plus que faire. Je tourne en rond, j’arrondis les coins, je ne complète rien, je suis moche, je ne suis plus capable d’écrire. Je ne suis qu’une vulgaire araignée qui de toutes ses pattes s’évertue à demeurer à flot sur le tourbillon de l’eau de la douche, qui l’emporte, qui l’emporte…

Tous les soirs, je prépare ma table de travail. Je range tout, j’époussète, je sors le dossier que je me propose pour le lendemain. « Bon, Bon! Demain, je reprends la cognée, c’est ça, c’est ça! Je fais ça! Demain matin! En attendant, je vais dormir…

À l’aube, le lendemain matin, il y a une autre araignée dans le fond de ma douche. Entre me laisser aller dans le courant du tourbillon et celui de la négligence de l’hygiène personnelle, je choisis de le risque de me perdre dans les égouts plutôt que celui de me prélasser dans le dégout de ma personne. Un, deux, trois… bien accroché à mon savon sur cordon, je me lance dans la douche en prenant bien soin de ne pas écraser la fameuse tarentelle.

Propre, propre, je suis propre. La page est souillée d’encre virtuelle et après avoir ri de moi-même pendant quelques minutes… la vie continue.

GAT