AU NOM DE DIEU

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C’est ainsi
Nus
Qu’ils se présentent
À nous
Sans pudeur et sans souci
Pour leurs lendemains.

Le temps de leur vie
S’écoule
Plus rapidement que le nôtre
Pour eux
Les mots ne sont plus transparents
Ils sont opaques
Comme des ampoules gonflées de sang
Leurs consonnes et leurs voyelles
Sont
Entourées d’une gangue d’amertume
Et deviennent
De véritables grenades mystiques.

Ils ne les couchent pas sur du papier
Ils ne les mettent pas en bouteille
Ils ne confient plus leurs poèmes à la mer.
Ils les inscrivent plutôt dans la chair de leurs corps
C’est ainsi
Qu’ils se préparent à leurs bains de foule

Leurs mots et leurs prières
Sont
Des bombes à retardement
Autour de leur taille
Leurs cris et leur slogan
Sont
Des consonnes à fragmentation
Au cœur d’une foule ensanglantée.
Désormais…
C’est ici
Unis
Qu’ils se présentent
À nous
Sans l’ombre d’un souci
Pour nos lendemains.

L’autofiction

L’écrivain Gaston Tremblay parle d’autofiction à la bibliothèque

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Genre littéraire intrigant, l’autofiction compte de nombreux adeptes, à l’image de Gaston Tremblay. Écrivain en résidence originaire de Sudbury, il s’est produit à la Bibliothèque de référence de Toronto le 3 octobre à l’occasion d’une présentation sur ce style particulier et remettra le couvert le 10 octobre à l’occasion d’un atelier d’écriture.

Aussi loin que remonte sa mémoire, cet ancien étudiant de l’université Laurentienne désormais installé à Montréal reconnaît que l’écriture a toujours été son support de prédilection : « Je trouve ça excitant! Depuis que je suis ado, l’écriture c’est mon moyen d’expression. Je me spécialise dans l’autofiction à des degrés divers. » Toutefois, avant de se lancer corps et âme dans ce domaine, son parcours était celui d’un homme de théâtre qui est parvenu à monter l’Agora de la danse à partir de rien. Il décide finalement de retourner aux études à la fin des années 1990 et obtient une maîtrise en création littéraire. À ce jour, une dizaine de ses livres ont été publiés, contenant principalement de la poésie.

« L’autofiction se crée en même temps que l’on se raconte, ajoute M. Tremblay. C’est une prise de contrôle de soi. Avant j’étais dans un bureau mais ma personne me disait que je devais me mettre en scène. Je me suis alors redéfini en passant par l’écriture. » À l’occasion de cette conversation avec le public, l’écrivain a utilisé des passages de ses écrits pour illustrer la façon dont il est passé de la réalité à la fiction. « Ou bien on s’investit dans l’écriture, ajoute-t-il, ou bien on ne s’investit pas. Écrire l’histoire est le plus intéressant. » Auteur des romans Le Nickel Strange, Le Grand Livre, ou encore Le Langage des chiens, pour lequel il s’est inspiré de personnes handicapées et hautes en couleur croisées dans la rue, sa popularité ne se dément pas.

L’atelier se fera quant à lui par rapport à la présentation de la semaine dernière et consistera en des exercices de changement de nom de la personne qui raconte l’histoire, les différentes possibilités narratives et littéraires qui s’y rattachent. « Quand on parle de soi, tout ce que l’on voit c’est le bout de son nez, explique Gaston Tremblay. Nous essaierons de voir plus loin. »

À l’heure actuelle, l’auteur termine le livre de poésie D’amour et de turbulences, motivé par le décès de son fils, et qui sortira en février 2016.

Photo: Bibliothèque publique de Toronto

Auteur: Sylvain Charbit pour LE METROPOLITAIN

Éditorialiste invité

Avant-propos

Étant donné les circonstances de cette journée, j’ai cru bon de vous présenter cet editorial, car j’ai toujours aimé les bons textes, qu’ils soient écrits en français ou en anglais . Et puis, je crois que l’éditorial de Thorsel est au diapason de tous les Canadiens, qu’ils soient français ou anglais.
La balle, sinon le crayon, est dans votre main.
Gaston

The editorial I’d write … if I were still writing them

By William Thorsel

Thorsell-001Not in recent times have Canadian voters had an opportunity to “throw the bastards out” in the classic phrase. Elected officials generally leave office before such public urges get to them.

Brian Mulroney stepped down five months before an election was required in 1993. (Kim Campbell launched that campaign in September running high in the polls.) Voters rather gently rebuked Pierre Trudeau with his close defeat in 1979, but his resurrection in 1980 set the stage anew. Mr. Trudeau stepped down in 1984, nine months before an election was required. (John Turner called an election that July, also running well in the polls.)

This time however, Stephen Harper is sticking his head up above the parapets after nine years in office — nine years generally seen as the Best Before Due Date in politics, as it is for leadership in the private sector. Knowing when to leave is among the more elegant qualities of any CEO, but then Mr. Harper has never laid claim to elegance.

An accumulation of baggage eventually weighs the owner down to the point of stumbling and falling. Mr. Harper is quite overweight in that department. In recessionary times, he is running a primary budget surplus (revenues over program spending) of some 1.4 per cent of GDP — an elementary error in Economics 101, less a matter of ideology than incompetence. Governments should not pull money out of an economy facing strong economic headwinds: We might refer to Stephen “Hoover” in this context, after the hapless U.S. president in the 1930s.

You do not cut the national sales tax in favour of targeted tax goodies in your party’s political interest. Nor do you do so to reduce Ottawa’s capacity to fund grievously inadequate infrastructure, undermining productivity and aggravating social divides. You do not claim success in energy policy having seen no new significant pipelines approved or built on your watch, either domestically or in our interest in the United States. Nor do you sit out the global conversation on climate change in words and action.

You do not exacerbate income inequality by providing significant new tax breaks for the wealthy in tax-free savings and investment accounts.

You do not fan cultural conflict in Canada in the face of unprecedented cultural diversity and high rates of immigration. Canada’s generally successful experience in accommodating diversity needs nurturing attention, not a matador’s incendiary skills.

You do not acquiesce to deteriorating relations with Canada’s First Peoples. You do not evince contempt for science or, for that matter, the Canadian Charter of Rights and Freedoms and the courts mandated to interpret and uphold it. You do not tendentiously attack the Chief Justice of the Supreme Court of Canada as cover for your own incompetence in making laws and appointments.

You do not turn your backside to the federal nature of Canada, refusing to meet the premiers and other leaders in congress to explore and debate issues of common national concern.

On your watch, Canada’s relations with the United States appear as cool as they became in Pierre Trudeau’s latter years — a fundamental failure in a critical arena. And you have reduced Canada’s stature in the world at large through excessively partisan positions on matters of great complexity in the Middle East and Eastern Europe, for example.

Barely concealed hostility to China and the United Nations, ineffective diplomacy regarding the Arctic and a general downgrading of Canada’s foreign service personnel and facilities add yet more weight to the baggage. Only apparent enthusiasm in military matters indicates much appetite for engagement in foreign affairs.

New trade agreements may hold promise, though there has been no public consultation and we have seen no details on the large ones.

Prime ministers do not have to be eminently likeable if they are sufficiently competent and inspiring. But to demonstrate qualities of meanness with a scent of pouting in the air makes the wheels on the luggage squeak. Who but the deeply petulant would forbid his entire parliamentary caucus from speaking to the former Progressive Conservative prime minister of Canada on ethereal grounds?

Indeed, who is allowed to speak to Canadian voters themselves in Stephen Harper’s caucus — you know, the voters who hired them? Empty chairs at public forums, gag orders on ministers of the crown, refusals to respond to media enquiries evince deep contempt for the democratic process at its most intensive phase.

All this is consistent with unprecedented contempt for Parliament in the use of closure and reliance on Brodingnagian omnibus bills — not to mention a promise to un-man the Senate, which remains an essential player under the Canadian constitution.

Yes, an unusual opportunity to “throw the bastards out” lies just a few days away, and there are reasons and a chance it may well

 

Grand Lac Café à Toronto

En tant qu’écrivain en résidence à la Bibliothèque de référence de Toronto, Sylvie-Anne Jeanson m’a invité à un entretien à l’émission Grand Lac Café. J’ai toujours aimé cette émission, donc je me suis empressé d’accepter. En arrivant sans-titreau studio, j’ai été renversé par le manque de ressources humaines, il n’y a plus de technicien, désormais l’intervieweur doit se débrouiller seul. Ce n’est plus une radio d’état, car le gouvernement y a déclaré un état de siège.

Radio Canada a toujours bien desservi l’Ontario français, il est temps que nous leur donnions notre appui, en commençant le 19 octobre. Votez pour ceux qui nous promettent de rétablir notre Radio nationale.

Voici le montage de l’entretien que Sylvie-Anne a préparé pour nous tous.

Le montage est le dernier dans le bandeau du temps au milieu de la page, à 10 h 51. Faites glisser le bandeau vers la gauche pour y arriver.

http://ici.radio-canada.ca/emissions/Grands_Lacs_Cafe/2015-2016/archives.asp?date=2015/10/10&indTime=0&idmedia=7355043

Gaston

 

Vaut mieux tard que jamais…

Pour mes 66 ans, qui sens dessus dessous ferait 99, mon ami m’a offert une place à l’opéra de Montréal. Tout de noir habillés, nous sommes allez voir la première de Madama Butterfly.

Nous sommes de bons amis depuis 1970, 45 belles années, nous sommes rencontrées au moment où nous nous apprêtions à monter sur scène pour la première fois. Il jouait le père de Roger, que nous appelions alors Dédé, tandis que je jouais l’ami de Roger, revendeur de pot de son métier, et que Robert et Pierre chantaient Moé j’viens du Nord ‘stie ! pour la première fois. Notre petit “‘stie” collectif se voulait un cri de rassemblement pour notre “gang” qui se croyait habileté à changer le monde. Et le monde a changé au rythme de notre génération, et nous sommes fiers d’avoir contribué ce beau, d’avoir fait notre petite part… “stie !!!

Tu as raison mon ami, c’est extraordinaire de cheminer dans le sentier d’amitié pendant quarante-cinq années, surtout que l’on peut maintenant jauger l’importance de nos envolées de jeunesse. Heureusement, les beaux gestes ont tendance à faire époque.

Melody-Moore-Cio-Cio-San-©-Yves-Renaud-3-640x360Quel beau spectacle, le décor et les éclairages reflétaient l’âme de la Madama, comme un caméléon dans la nature! Je ne sais pas si nous aurions apprécié cette histoire et cette musique alors que nous n’avions qu’une vingtaine d’années. Comment peut-on comprendre le désarroi de Madama Butterfly, quand on pas encore vécu la douleur tragique du survivant qui voit la mort passer à côté de lui : quand on pas encore perdu un ami, un amant, ses parents ou un fils. Comment peut-on apprécier un aria alors qu’on vibre aux pulsations primales de Led Zeppelin, de In a gadda da vida par Iron Butterfly ou de The Toad par The Cream. La musique de Puccini, la prestation de l’orchestre, du chœur et des solistes, la mise en scène, les costumes, tous les éléments de ce spectacle nous ont préparés à la dernière scène où Madama se suicide dans un élan de désespoir d’amoureuse et d’amour maternel. Pour que son fils puisse vivre, elle choisit de mourir. Même les beaux gestes tragiques font époque.

Le lâche, cet ignoble Monsieur Pinkerton, est entré en scène en trombe, il s’est lancé sur la dépouille de la Madama en beuglant. Il n’est jamais trop tard pour pleurer, même si ce n’est que de remords. Un autre beau geste ? Au théâtre peut-être !, mais dans la vraie vie les remords viennent après qu’il est trop tard. Cela ne fait du bien qu’au coupable !

Merci mon ami pour une si belle soirée, à la prochaine, on recommencera quand nous aurons 99 ans.

***

Paul à québecMardi, en fin d’après-midi, à la représentation des retraités, je suis allé voir Paul à Québec avec ma sœur. Quel beau film, j’ai pleuré du début à la fin! Je n’étais pas seul, toute la salle pleurait, mais les autres spectateurs n’avaient pas vu le beau geste de Madama Butterfly. Donc nous pleurions tous en public pour la famille de Paul, et en secret pour nos petites et grandes tristesses personnelles.

Vaut mieux tard que jamais, c’est sûr, mais ne perds rien à récidiver de temps en temps.

Alors si la vie vous malmènent, aller voir Madame Butterfly ou Paul à Québec.

De ma moustache dans mon café et du crachat sur notre drapeau

 

J’étais un beau hippy, aux longs cheveux, à la moustache qui trainait dans son café. à Noël de 1973, je suis parti en voyage avec Bernard, mon amant, à la barbe luxuriante et surtout luxurieuse… C’était avant la mode des terroristes. À la fin de l’époque du Peace and Love !

Gaston au Moulinet, été 1973À Madrid nous avons demandé deux cafés au lait, et le garçon de table lança un ordre à qui voulait bien l’ignorer «Dos café crema por los Americanos.»

¡Uno, dos, tres y… veinte minutos! ¡NADA!

Nous nous consultons, nous concluons et nous nous écrions : « Camarero, no estamos Americanos, Estamos Canadiense!»

— ¡Si, Si, senior! Café crema ¡PRONTO !

C’était la belle époque où un drapeau canadien était notre meilleure carte de visite!!

Une pub à regarder et à partager !

https://www.youtube.com/watch?v=mY9x0AHUa-E

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Enfin la rentrée… la Bibliothèque publique de Toronto

 

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Enfin septembre, ce mois qui a toujours représenté pour moi un nouveau défi et, somme toute, une nouvelle aventure. Sauf pour la rentrée de 1955, l’année où ma mère a dû me tirer par la main jusqu’à l’école des garçons, dite du Sacré-Cœur, de Sturgeon Falls. Cris et crises n’ont pas fait vaciller ma maman. C’est à reculons que je suis entré dans cette vielle-école où les planchers craquaient, où les fenêtres branlaient et où les enfants tremblaient à la vue des demoiselles Sévère et Mégère qui enseignaient respectivement à la cinquième et sixième année. C’était de mauvais augure…

J’étais terrifié, mais dans le local de la classe de première, je fus rapidement charmé par mademoiselle Coulombe, une espèce de jeune maman en puissance, qui enseignait au tout petit à faire toutes sortes de choses importantes. En fait, je ne me souviens que des petits bâtonnets à compter et des craies de cire des vendredis à dessin. Quel doux souvenir! Je roucoule encore d’avoir été materné pendant dix mois par une colombe d’amour.

Soixante ans plus tard, c’est à la Bibliothèque de référence de Toronto que je fais ma « rentrée ». Je ne suis plus tout petit, mademoiselle Coulombe est devenue la grand-maman de ses petits et arrière-petits-enfants, et grâce à elle, le mois de septembre est toujours pour moi le plus beau mois de l’année.

Cliquez ici pour voir le programme d’études de cette rentrée!

http://torontopubliclibrary.typepad.com/en_francais/2015/08/gaston-tremblay-biblioth%C3%A8que-public-de-toronto.html

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Écrivain en résidence

toronto-reference-library-01Écrivain en résidence à la Bibliothèque  publique de Toronto

J’ai été enchanté et fier d’accepter le poste d’écrivain en résidence à la Bibliothèque publique de Toronto pour les mois d’octobre et novembre 2015.

À ce titre, j’évaluerai les manuscrits français soumis par les clients des 100 succursales de cette grande bibliothèque torontoise, je participerai à cinq activités publiques et je rencontrerai les personnes qui demanderont un rendez-vous dans « mon bureau » de la bibliothèque de référence, tout près du carrefour des deux plus grandes artères de Toronto, les rues Yonge et Bloor.

Enfin, j’espère pouvoir y lancer mon nouveau recueil de poésie : « D’amour et de Turbulence », tout en préparant la publication du dernier volume du « Recueil de Dorais » et de ma thèse doctorale, « La Littérature du vacuum ». Ces deux grands projets, dont la publication est prévue pour le printemps 2016, sont l’aboutissement et la fin de quinze ans de recherche littéraire. Pour moi, c’est un nouveau début car, par la suite, en ce qui concerne l’écriture, je me consacrerai uniquement à la création littéraire. Donc, ce séjour à Toronto, sera aussi l’occasion de mettre en chantier mon prochain roman.

Un nouveau thème prend sa place

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Le vent hurle dans ses oreilles

Ses yeux sont des hublots qui donnent sur le parterre
Sur des fleurs qui se pavanent et des bambins qui jouent, côté jardin
Sous les roues compresseurs des poids lourds, côté cour
À l’horizon, un mur de brique rouge occulte le lointain

Tapis dans son for intérieur
L’enfant qu’il est toujours pleure son père
Son frère, sa mère et ses amis
Vieillard, il pleure son seul fils perdu

Sous la marquise le vent transporte la pluie
Les rues sont désertes, s’y reflètent les néons
Le vent souffle sur la neige ruisselante
Le vent criaille dans ses veines

Turbulences…

Les scènes tristes le font toujours pleurer
Enfant, il hurlait dans le noir et dans la nuit
En vieux loup esseulé, il hurle pour sa meute
Épuisé, Il hoquète, il abréagit… il appelle sa maman

Au-delà de la turbulence
Il y a que l’amour qu’il a connu
Qui le guide vers l’amour de ceux
Qui le feront danser demain